28/09/2022

Le projet Roger Bontemps devient Rebelle et délicieux !

 28 septembre 2022 - UN ÉTÉ QUI FAIT RÉFLÉCHIR

 Donc je me suis inscrite au Centre de Formation Rimouski-Neigette au cours "Lancement d'une enreprise" qui a commencé voilà deux semaines... Mais d'abord récapitulons...

J'ai travaillé pour le Naturiste au début de l'été, deux mois. Ensuite pour le tout nouveau Rachelle Béry au IGA sur la rue Jessop, une première à Rimouski ! J'y suis toujours d'ailleurs et là aussi j'apprends beaucoup. J'ai appris que c'était trop tôt pour une épicerie végétale à Rimouski, que j'étais particulièrement douée pour sentir ce que l'on allait vendre et où le disposer ! Je ne rend pas les armes et je veux toujours lancer mon projet et éventuellement devenir mon propre patron. J'ai juste un peu brassé les cartes et maintenant je vais plancher sur la partie ateliers et accompagnement vers un mode de vie plus végétal... Pour l'épicerie on verra plus tard, et j'ai des tonnes d'autres idées... que je laissent dormir sous une douillette dans la fraîcheur de l'automne. À plus tard les filles, ce n'est que partie remise.

Je commence mon plan d'affaires avec ce cours et mon projet devient plus clair plus concret. J'ai un peu le vertige de voir ça prendre forme et je sais que ça peut marcher ! Dans les semaines qui viennent je vais aller visiter les différentes cuisines que je pourrais louer, me munir d'un square et regarder au niveau financier à ouvrir un compte au nom de mon projet... Je commence à m'équiper pour faire des captures vidéos et ouvrir un channel "Rebelle et délicieux". Ha oui, après discussion cette phase de mon projet prendra le nom de mon blog (que je devrais mettre en habt du dimanche), si vous ne le connaissez pas : http://rebelleetdelicieux.blogspot.com/ .

Il faut que je pense l'identité de Rebelle et délicieux... Logo, couleurs... Sans laisser mon travail, je pourrais faire un premier atelier autour de Noël... Un atelier Noël végétal ? 



Roger Bontemps devient Rebelle et délicieux (si je pense à mon chat, ça lui va tout à fait !)

14/05/2022

Projet Roger Bontemps mai 2022

18 AVRIL 2022
UNE AVENTURE EN LIGNE ET DANS LA RÉALITÉ ( vous savez à quelques centimètres de votre ordinateur...) :

Me voilà au début d’une aventure ! Et j’ai décidé de vous emmener avec moi.

Je suis au tout début, peut-être en plus ce sera utile pour d’autres qui auraient des projets similaires ?

Résumé des précédents épisodes :

Après plusieurs expériences je suis revenue là où je suis née. J’ai travaillé dans les trois dernières années à l’instinct… Je me rends compte que sans le savoir j’étais dans une école très formatrice ! De l’herboristerie à l’Association des personnes handicapées visuelles, en passant par une épicerie de quartier légendaire. Avec du recul, toutes m’ont appris quelque chose d’utile pour mon prochain défi ! Je veux ouvrir une épicerie végétale à Rimouski ! Rendez-vous téléphonique avec un conseiller financier demain ! Ça vient vraiment de l’intérieur et tout est devenu vraiment clair… Je me rends compte que j’étais en attente ces dernières années et là j’y vais. Rattrapage de mes trois années d’impôts en friches, discussion avec des gens qui ont eu leur commerce et ceux qui l’ont encore… J’aurais voulu trouver une ou un partenaire, pour le moment, rien à l’horizon. Too bad je n’attends plus ! Et voilà le début de quelque chose ! En ce moment j’apprends les chiffres, les fins de mois commerciales, les ratios superficie→profit, la gestion des articles périmés… Tout en commençant à mettre mon projet par écrit, en cherchant les formations utiles : salubrité, plan d’affaires etc

J’observe l’étrange village qu’est un centre d’achats en région… La musak pour tous, les habitués, les autres travailleurs. Et que dire des charmes du système de transport embryonnaire ! Aujourd’hui “Lundi de Pâques” aucun autobus ! Qu’à cela ne tienne, j'ai pris une belle marche d’une heure sur le bord du fleuve… Et ce soir j’en profiterais pour faire mon épicerie et rentabiliser un taxi. Taxis qui au demeurant sont quelques fois les meilleures conversations que j’ai eu depuis longtemps ! Il faut dire que le temps plus clément et le renouveau du printemps aident vraiment à garder son “zen” !

Je prévois de vous mijoter un joyeux mélange de mise à jour technique et des observations de ma vie en général. On avance et on est qui on est….

J'ai bien envie de m’amuser à dessiner mon logo, question d’avoir de quoi rêver (J’ai déjà un nom en tête…. trop pour le révéler ;)

Alors je vous tiens au courant au fur et à mesure: nous sommes toujours au bon endroit. Alors dans les réussites et les échecs, je vous en parle !

En attendant, je vous partage un TED qui m’inspire toujours : Appel au courage de Brené Brown https://www.netflix.com/ca-fr/title/81010166 et je chill avec ma voisine ❤️



30 AVRIL 2022
APPRENTISSAGE :
L’apprentissage en tant qu’assistante gérante a de bons côtés pour voir une structure financière… et pour savoir : JAMAIS dans un centre d’achat !!!! Cet organisme cellulaire est en train de mourir sous mes yeux !!! Le réflexe de survie d’un centre d’achat en région c’est d’être plus sévère (ne fermer pas deux minutes avant), mettre la musique plus fort, diffusée même dehors (comment espère-t-il que les gens passent du temps en mettant une ambiance comme ça ?), des néons, pas de verdure, des activités de fêtes (Pâques, fête des mères etc…) dans des locaux restés vides. On dirait trois heures du matin dans un bar plate… Tout sauf respirer le bonheur ?!!? Je trouve ça intéressant, quand même, venant d’ici. Je me souviens des belles années du centre d’achat où je travaille, même de son ouverture ! Les dimanches où les adultes prenaient le café dans le coin des restos comptoirs et nous lousses dans le centre d’achat. Quand nous avions des sous, cherchant la meilleure cochonnerie pour les dépenser… Dans mon souvenir le bruit des conversations surpassaient le bruit de la musique de centre d’achat… C’est peut être parce qu’il est vide que la musique semble trop forte… La bête refuse de mourir avec élégance, normal pour cette créature de néons, faux théâtre avec ses coulisses un peu glauques, faut voir les backstores, dans chaque boutique. Même si ça a un côté cheap, c’est le genre de chose que je peux apprécier, un peu comme du théâtre de variétés… Mais là c’est pratiquement tout le temps triste. Tout le monde compte sur “Mr Puffs” pour nous sauver ! À suivre…

Pour ce qui est de mon projet d'épicerie végétale, je mets de l’ordre dans mes finances personnelles et ai envoyé à un organisme de la région qui offre du mentorat et de l’aide aux entreprises naissantes… Il y aussi un ancien collègue qui pourrait devenir un partenaire, il est prévu de se rencontrer dans une semaine ou deux. Comme j’ai dit, moi, je n'attends plus. Alors je continue à avancer le projet ;) Je sais que je vais avoir besoin d’aide pour les fournisseurs “traditionnels”, par contre je connais pas mal les fournisseurs véganes de Montréal. Une amie, qui est acheteur dans une épicerie, a proposé son aide…

J’en suis là, lentement mais sûrement… 

14 MAI 2022
FEMME À JOUR
Mes lunettes sur une table


J'ai rencontré un conseiller financier, histoire de mettre mes finances toutes belles (façon mignonne de dire que j'avais trois ans de retard dans mes impôts etc...). Parlé aussi avec la SOPER (société de promotion de promotion économique de Rimouski) et ils vont m'accompagner tout au long du démarrage de mon projet 😊. Je mijote et je vais m'inscrire à un atelier sur le démarrage d'entreprise. Mais mon cerveau va à vitesse grand V et j'ai plein d'idées. Je pense phase 1 et phase 2, je pense ateliers, je pense prêt et subventions, je pense réseau, je pense accessibilité, je pense produits gourmands, je pense fournisseurs, je pense local, je pense nom, je pense logo... bref je pense trop. Ce sera un défi pour moi d'endiguer ma passion pour garder de l'énergie pour ce marathon. Cette semaine je rencontre ma banque pour mettre en action la prémisse ! Je réfléchis et sans vraiment savoir, je pense que je voudrais être prête pour l'été prochain, donc mars, avril, mai 2023. J'en saurais plus après mon atelier. À suivre


09/05/2022

Un an et des poussières plus tard


 Novembre 2022...

Deuxième automne à Rimouski... Ce qui est sûr c'est que je suis dans mon élément ! Cette année je vois plus de gens, et même si ça m'a manqué énormément et que je suis contente, je me sens plus sauvage... J'ai vraiment besoin de m'isoler avec les chats quand je suis en congé, je m'observe et je respecte ce que je sens. La suite me rend curieuse, qu'est-ce qui me plaira, quelles sont mes prochains projets, mes prochaines passions ? En ce moment j'ai deux emplois : Conseillère santé (herboriste) et aide pâtissière. Ce n'est pas très "glamourous" et pourtant c'est parfait pour moi en ce moment. Les chats vont bien

05/04/2021

Retour à la maison, fin de l'hiver !

 

Je ne vous dirais pas que ce n'est pas dure... Mais c'est difficile de discerner, le long hiver rimouskois, le confinement, recréer un réseau en ne pouvant pas voir les gens ou mon travail qui me demande d'écouter des gens à bout de souffle ?
Ce que je sais c'est que je vois le fleuve de ma chambre, été comme hiver, que je vis dans un appartement avec beaucoup de fenêtres, été comme hiver, que mon jardin me manque, que je n'arrivais pas à en avoir un à Montréal et que je prend de belles marches le long du fleuve avec un ami... Mes chats sont super contents que je vive une vie tellement plus proche de la leur et que Marius ronronne tout les matins à mon réveil. La gastronomie végétalienne de Montréal me manque parfois et que quelquefois j'ai de petites nostalgies de mes promenades au marché Jean-Talon et ses alentours... Mais dans ma tête les scènes que je voient c'est la vie d'avant et l'été... Donc je ne peux pas dire si Montréal me manque ou si c'est plutôt un monde plus libre en été ? Je n'ai pas tant de souvenir d'ici remplissant ces deux critères... Je sais qu'ici le printemps se fait un peu plus attendre, mais au combien il est plus bleu, fleurant le sel et l'enthousiasme des gens d'ici qui après un long hiver embrassent les jours de soleil et la douceur du climat, comme un breuvage chaud qui goutte meilleur quand on le boit dans la maison ! J'ai commencé mes semis, cadeau pour mon ami le jardin. Mes jours sont un peu comme un jour de la marmotte et j'ai découvert que travailler de la maison à chaque jour n'est pas vraiment ma tasse de thé, trop de solitude. Comme tout le monde je ne sais pas ce que l'avenir me réserve et je me prépare à bondir sur ma liberté, j'attends... J'essaie d'en profiter pour tricoter une meilleure version de moi-même et d'observer comment la collectivité peut exister dans un tel contexte.

J'ai plein de projets, mais je constaste que ne pouvant me nourrir de l'extérieur j'ai pas mal moins d'énergie pour les réaliser, alors j'apprends à me nourrir de moi-même, ce qui par moment tourne un peu en rond. Je sais que je suis chanceuse, malgré tout, j'ai un toit, un salaire, des amis, de la nourriture, un appartement tranquille... Et sincèrement je n'ai pas toujours eu ça, même sans confinement et ça ne peut qu'aller de mieux en mieux dans ma vie. Mais moi et l'attente vous savez...

11/07/2020

Le retour à la maison, enfin !



    Après trois millions de pirouettes, un burn-out et un mélanome... J'y suis arrivée, quelques plumes en moins et quelques cheveux blancs en plus mais j'y suis j'y reste ! Vous dire la tonne de béton qui quitte mes épaules tranquillement ... Vous savez la mémoire la plus ancienne chez l'humain c'est l'odorat. Le bonheur d'être frappée par des odeurs familières presqu'oubliées ! L'air remplie de sel et de l'odeur des algues... Et la nature, le vent qui souffle sur le bord du fleuve, le ciel à perte de vue, le chant des oiseaux pour chaque moment de la journée. Des paysages magnifiques et une profusion de plantes !! Les soirées avec les amis autour d'un feu... Raconter le bonheur c'est plus difficile... Ça manque de punch...  Je dirais simplement que tout me semble plus léger, c'est l'été me direz vous. Et bien je vous donne rendez-vous cet hiver !

29/12/2019

Rachel

Quand je suis arrivée, on me l'a présentée comme une vieille lesbienne sans soutien gorge, qui fourre son nez partout. Je me suis dit que j'allais l'adorer. Ce fût le cas.

Elle s'occupait des chats du quartier. Johnny, mon chat, mon vieux compagnon, mon âme, l'a rencontré le premier. Elle gardait un bol plein de croquettes dans sa cour...  Elle avait un grand coeur, son franc parlé et une certaine pudeur malgré sa poitrine libre... Une pudeur du coeur qui venait de son époque. J'aimais aller crocheter dans son petit salon, où on se racontait nos vies de survivantes. Elle avait eu une femme dans sa vie, qui était morte un an plus tôt. "Mais je te jure Geneviève on a jamais couchées ensemble !". Je lui avais parlé des gens assexuelles. Ça semblait la soulager de pouvoir mettre un mot sur ce qu'elle avait vécu. Une histoire d'amour, une vraie, sans sexe... On parlait de notre attachement profond pour les chats, de nos périodes de vache maigre où on ne savait pas si nous allions manger, autrefois. Récits qu'il était rare de pouvoir partager avec des gens qui comprennent, qui l'ont vécu et peuvent en parler. "Quand je t'ai vu arrivée dans cet immeuble de parvenus, je me suis dit, c'est bien la première fois qu'il y a quelqu'un qui a de l'allure là !" Elle rentrait chez-moi sans frapper et savait tout les potins du quartier, pouvait être médisante ou flatteuse avec des gens qui ne le méritaient pas. On lui pardonnait, parce que malgré tout elle était loyale et franche. Moi j'étais malheureuse dans mon immeuble de parvenus et j'allais prendre l'air chez elle. L'été on se posait sur son perron et on se disait à demi mots combien on s'appréciait entre deux potins. Le soir elle aimait bien prendre un petit verre et sa langue se déliait. Elle remarquait un peu trop quand j'avais un décolleté. Elle me disait " C'est pas parce que c'est beau qu'il faut le montrer..."

Quatre ans ont passés, où mes parvenus devenaient de plus en plus lourds. Je suis allée pleurer chez elle quelques fois. Elle me disait : " Tu es mieux qu'eux, c'est ça qu'ils ne supportent pas". On avait le rêve que j'emménage à côté de chez elle et de partager sa cour. J'aurais jardiné, ce qu'elle ne pouvait plus trop faire... Elle n'aurait plus eu d'inquiétudes de déranger les voisins avec ses chats bien aimés. Mais ce n'est pas arrivé, le logement ne s'est jamais libéré. De mon côté ça devenait de plus en plus insupportable. Je devais partir. Nous étions tristes mais elle comprenait. Je la soupçonne d'avoir été curieuse de voir aller ce nouvel épisode du "roman de la rue Chabot". Alors J'ai trouvé un petit appartement dans Hochelaga et j'ai vendu le condo. Ce fût un véritable deuil. Je me foutais du condo, mais je connaissais les gens authentiques de cette rue, les animaux qui habitaient la ruelle étaient mes amis... Et Rachel... Alors je suis partie dans le plus grand désordre du coeur. Et là Rachel est tombée gravement malade. Une voisine m'a appelée pour me le dire. Je suis allée à l'hôpital. Rachel, ma viking en bermuda, ne pouvait plus parler qu'avec ses yeux qui pleuraient. À l'hôpital on m'a dit qu'elle était dans le pire moment, que ce serait long mais qu'elle irait mieux. C'était spectaculaire mais il n'y avait pas de danger pour sa vie. Elle avait le syndrome Guillain Barré. J'ai pris la décision d'aller la voir tout les jeudis soirs, je l'ai rassurée...
Comme je n'étais plus là pour prendre le relais avec ses chats, je m'étais assuré que notre voisine, son amie, s'en occupait. Je lui ai offert de lui faire la lecture, ce qu'elle a refusé. Je me sentais si impuissante... Je me disais c'est un mauvais moment a passer, mais que ça s'arrangerait. J'ai eu le temps d'aller la voir deux fois. Immobile, ne pouvant plus bouger, même pas un doigt. Ses grands yeux bleus ouverts et pleurants éternellement. Je ne savais pas que c'était les dernières fois que je la voyais.

Le téléphone a sonné, la même voisine m'apprenait en pleurant que Rachel était morte. J'étais sous le choc, ne sachant quoi dire. Je ne connais pas sa famille. Je ne sais pas ce qui s'est passé. On a dit qu'elle avait fait le choix d'être débranchée des machines qui l'a maintenaient en vie. Le pronostic était finalement mauvais? Elle voulait rejoindre son amoureuse? En voulant la rassurer on lui avait enlever ce qui l'a rattachait à la vie? Comme ce devait être atroce d'être immobile sur un lit d'hôpital sans pouvoir manger, rire, parler... pendant des semaines ! Avait-elle pris une décision éclairée? Dans la même situation est-ce que j'aurais fait pareil?

Personne ne m'a prévenu pour ses obsèques. Elle me manque. Je me suis rendue compte que son numéro était le plus fréquent dans mon historique de téléphone, que nous avions une amitié qui passait sous les radars. Dans notre dernière conversation, on prévoyait qu'elle vienne voir mon nouvel appartement et elle me disait qu'elle prendrait soin de Couscous, un chat qui aimait venir chez-moi...
Elle aimait que je lui fasse découvrir de nouveaux restos, c'était notre truc... Je prends souvent la même table, et le même plat (qu'elle avait adoré) chez Antidote, ma façon de passer un peu de temps avec elle.

24/11/2019

Le dimanche matin

Moi le dimanche matin, vers 6-7 heures, je prends mon café et
mes deux cigarettes dans le giron de ma brume entourée par les
itinérants du quartier qui m’ont acceptées comme l’une des leurs.
Je ne réalisais pas jusqu’à ce matin, un gars m’a dit : 

Gars- Salut l’Église ouvre juste à neuf heures
Moi- Ho je viens pas pour déjeuner, je viens boire mon café du matin. (en montrant mon café dans un pot mason)
Gars- Ha j’aurais cru il me semble que je te vois souvent...
Moi- Ouais je viens souvent prendre mon café sur le banc en face de l’Église
Gars- Ha tu es une personne qui prend ça relaxe

Et il est allé faire la file parfaitement satisfait de cette conclusion.

J’ai choisi un banc au hasard le jour où je suis arrivée dans le quartier.
Force est de constater que c’est là que je me sens le mieux
pour commencer ma journée de congé.

Et bien plus tard...



Retour à moi après ce que l’on appelle un burnout ou un trouble d’adaptation selon le billet du médecin... Ma psy m’a demandé comment je vivais avec ce terme. Sur le coup je m’en foutais ce n'était que des mots qui me permettait d’éviter du trouble avec les assureurs... Mais aujourd’hui je me dis que ce sont les mots parfaits. J’ai de la difficulté à m’adapter... au monde dans lequel je vis. Je ne comprends pas comment m’adapter au monde en général. Et j’ai l’intuition que c’est sain. Comment être serein dans un environnement où les bruits, les odeurs, les textures de la nature ne sont plus accessibles. Où l’agressivité, passive ou pas, est quotidienne. Où les personnes vraies et disponibles sont si rares. Je refuse et, refuserais toujours, de m’y soumettre complètement, d’abandonner ce que je sais être l’essence précieuse de notre existence. Je suis sensible et empathique, méfiante et secrète aussi. On associe la sensibilité à de la faiblesse et moi je pense que c’est ma plus grande force. J’en paie le prix souvent. La preuve je me suis épuisée à essayer de me conformer à l’ ”inconformable” (pour moi en tout cas). Mais ce n’est pas en vain, maintenant je me rapproche de ma vraie nature et je sais que mon refus d’elle me tuerais à petit feu... Alors à 46 ans j’avance à petit pas d’enfant, j’observe tout. J’apprend à respecter ma nature, à évaluer les limites, plutôt que de me fixer une cible et me battre, plutôt que de fuir dans les distractions que la société nous offre si abondamment pour oublier. J’apprends des animaux de ma vie, les êtres qui me comprennent et que je comprend, qui ont cette capacité naturellement. Je ne suis pas, et ne pourrait l’être, cette personne qui travaille pour sa retraite et son plan d’assurance. Pour avoir congé les jours fériés des fonctionnaires. Ça n’a pas de sens, pour moi, de me rendre malade pour profiter de mon plan d’assurance qui me permet de prendre des journées de maladie... ? Pour avoir un bon salaire qui me sert à payer Netflix, Amazon Prime, des frais de condo et des restos qui me permettent d’oublier que je suis dans un bureau où les fenêtres ne s’ouvrent pas, à faire des choses qui n’ont pas un réel sens pour moi. L’anxiété est le fruit d’une société qui ne ressemble pas à notre essence animale et qui exige des capacités d’adaptation de plus en plus exigeantes, ce qui laisse certains d’entre-nous sur le bord de la route. Pas les plus paresseux, pas les moins intelligents mais les plus vrais...