Voilà deux ans à peu près, je croise dans ma pratique d'herboriste un bel homme avec des phéromones qui me parlent en titi... On se fait un peu des façons, des fois, mais il me parle sans cesse de sa "blonde"... Et je suis dans mon milieu de travail, en service à la clientèle. Alors je me garde une réserve dans mes réponses, même si je déborde de temps en temps. Par moments, il me tape sur les nerfs (même si, quand je l'ai vu arriver, mon sourire a fleuri comme une fleur au printemps) et franchement, j'essaie de me débarrasser de ce lien... J'efface son numéro de téléphone dans mon annuaire et lui redemande quelques semaines après en prétextant n'importe quoi (voir si ça a de l'allure...),
"J'ai fait le ménage et par erreur...", blablabla.
Entuka. Je me suis même convaincue que si je rencontrais sa "blonde", ça m'aiderait à couper le lien ou à le transformer en connaissance "en-tout-bien-tout-honneur". Alors rendez-vous fut pris afin d'aller identifier les plantes sur son lot... Mais sa blonde n'était pas là, et je me sentais un peu trop bien avec lui. OH MY GOD !!! Et après, de son côté, comme il était en couple, pour se couper d'une éventuelle tromperie, il était plutôt bête quand on se parlait en dehors de mon travail.
"J'ai des tomates vertes en trop... En veux-tu ? Je vais passer te laisser ça sur ton perron quand tu seras au travail... "(avec une voix de contremaître de chantier pas content).
On ne se parlait pas vraiment... On se faisait jouer des "cassettes", l'un comme l'autre. Et je vous jure, j'ai vraiment essayé de couper le lien plusieurs fois ! Mais à chaque fois, il me revenait en tête et j'avais envie de savoir s'il allait bien. J'ai écrit un courriel où j'essayais d'expliquer poliment la situation... Et je ne suis pas allé voir s'il y avait une réponse, c'était comme une lettre d'adieu dans ma tête, je pense. Et de temps en temps, je l'appelais quelques minutes pour prendre des nouvelles et en donner, des mini-conversations bien propres, en mode "je vais travailler-à-avoir-un-ami". Et puis à l'automne, il glisse dans une de ces conversations "propres",
"Et moi, je suis célibataire depuis un mois..."
et moi de répondre "C'est drôle, de mon côté j'ai décidé que j'allais rester seule, c'est trop compliqué..."
Il a répondu, en riant: "Ben on va prendre notre temps."
Et on s'est prévu une rencontre dans un café, la fin de semaine suivante. Moi, je ne savais pas si j'allais lui annoncer que nous allions être des amis ou offrir d'apprendre à se connaître et voir la suite... Je ne crois pas que j'ai été claire, ce ne l'était pas dans ma tête.
Mais quand il a pris ma main dans le parking, tous mes questionnements se sont envolés.
Et nous sommes en couple, et amoureux, depuis...